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Je m’appelle Astrid, je suis d’Orléans et j’ai décidé de faire le tour du monde

Histoires de Tongs – « Plus je réalise des rêves et plus j’en ai »

C’est autour d’un café à Orléans que nous avons eu la chance de rencontrer Astrid, également connue sous le pseudo HistoiresDeTongs, blogueuse nomade.

Cette Orléanaise de 31 ans, anciennement travailleuse dans une association socioculturelle, a décidé il y a maintenant un peu plus de 5 ans de changer complètement de vie, décidant de tout quitter et de partir à l’aventure.
Voyageuse depuis son jeune âge et collectionnant les souvenirs dans de nombreux pays elle rêvait de faire un tour du monde, c’est aujourd’hui chose faite.

Amatrice de voyage, elle décide fin 2013 de faire un tour d’Europe puis début 2014 de s’envoler vers les États-Unis où elle passera quelques mois avant de descendre vers l’Amérique du sud.

Comprenant qu’un tour du monde classique ne serait pas en adéquation avec le mode de vie qu’elle recherche, elle se lance dans un tour du monde « des sentiers battus » comme elle nous l’explique, se laissant transporter vers les paysages Africains et Asiatiques du bout de son doigt pointé vers le ciel. Après des mois de débrouille, de glanage, d’accordéon au gré des rues et des passants, elle trouve son rythme de vie et apprends à vivre de façon autonome.

« Plus on planifie plus on se met des barrières »

Astrid revient de 9 mois de périple qu’elle a parcouru à travers la route de la soie, route mythique de l’antique commerce mondial. 9 mois pour rejoindre la Turquie depuis la ville de Xi’an en Chine à travers toute l’Asie centrale, 9 mois pour découvrir les beautés de pays méconnus comme elle nous le prouve à travers ses photos. 9 mois qui ont accentué positivement le regard qu’elle porte sur notre Terre, 9 mois qu’elle nous raconte dans son blog HistoiresDeTongs.

Nous avons pu rencontrer Astrid à quelques jours de son départ en Islande dimanche, malgré le fait qu’elle n’aime pas prendre l’avion pour des raisons écologiques elle est parfois contrainte, comme pour ce voyage, de le faire mais assure ne jamais faire plus d’un aller-retour par an.

C’était un rêve pour elle de partir en Islande, les paysages à couper le souffle, la période des aurores boréales sur le point de s’achever, elle qui croise les doigts pour ne pas arriver trop tard.

Question hébergement aucun soucis non plus, Astrid pratique le camping sauvage depuis des années mais de façon respectueuse, installation tard le soir, départ tôt le matin, aucune pollution, aucun déchet, on ne la voit pas, on ne l’entends pas, on ne suspecte pas que quelqu’un est passé par là. N’est ce pas le meilleur des sentiments que de se faire réveiller par un doux lever de soleil devant de spectaculaires paysages ?

Nous avons également voulu en savoir plus sur ce mode de vie, sur ce mode de voyage en autostopbateaustop, savoir comment il est possible de voyager différemment, sans argent ou presque, sans véritable moyen de locomotion. Astrid est simple, indépendante financièrement et dépense très peu.

Quand nous avons l’impression de ne rien pouvoir faire ou presque avec 50€, elle, se dit à l’aise pour un petit moment. La clé de ses voyages réside dans ce principe, ne pas dépenser ou dépenser utilement. Glaner pour manger, faire du stop pour se déplacer, planter la tente pour dormir.

Astrid veut également voyager responsable, voyager en donnant un sens à son voyage, participer à l’économie de certains pays quand il est possible de manger au restaurant pour moins d’un euro par exemple.

« Moins tu dépenses plus t’es libre »
Un pays, des pays, mais quel pays pour vivre ? La Grèce, voici son Eldorado, l’endroit qu’elle choisirait si ses voyages venaient à s’achever un jour et qu’elle cherchait à se ré-sédentariser. Avec plus de 7 passages dans ce pays elle nous raconte la vie là bas, sa vie, les gens avec qui elle a pu se lier durant des années et qu’elle retrouve à chaque fois qu’elle y retourne.

Elle nous conte la vie simple des Grecs, une famille, des terres. Le manger local, le troc, de la nourriture contre des services, alors même que le pays vit une crise financière depuis des années voilà donc comment un pays en difficulté sait se montrer solidaire et accueillant envers son prochain. Sont évoqués également les paysages magnifiques, le climat généreux, les fêtes à grande échelle, la bonne nourriture.

Avant de se quitter j’ai voulu lui poser quelques questions anecdotiques auxquelles elle a gentiment accepté de répondre.

Kevin B. : Partant depuis des années en voyage nomade, tu dois désormais avoir les clés de ce qu’il est indispensable d’emmener ?
Astrid : Je pars le plus souvent seulement avec un sac à dos et je n’oublie jamais mes tongs évidemment, ce serait un comble. J’ai un grand chèche (une sorte d’écharpe) de trois mètres qui me sert à peu près à tout, oreiller, baluchon, écharpe, je fais tout avec. La dernière chose que je balade partout je dirais un carnet avec un stylo pour retranscrire certains moments avant qu’ils ne m’échappent.

Kevin B. : Peux tu nous citer le plus beau moment que tu ais vécu durant tout ces voyages ?
Astrid : Il y a tellement de souvenirs merveilleux que je ne pourrais jamais tous les citer. Le plus beau moment que j’aimerais retranscrire c’est l’arrivée à Xi’an en Chine, c’est l’un des principaux départ pour la route de la soie et ça a également été le notre avec José mon compagnon de voyage durant mon trip sur cette route mythique.

Quand on est arrivés à Xi’an on vadrouillait à travers la Chine depuis 1 mois et on venait de passer 3 mois en Asie du sud-est. L’arrivée dans la ville a sonné le départ, c’était enfin le début de la route de la soie qu’on avait tant rêvé. On avait tout le désert de Gobi en face de nous, les Monts Célestes, le massif du Pamir, la Caspienne, tous les déserts ouzbèkes, l’Iran et on s’est dit « ça y est c’est parti on y est enfin et c’est un rêve qui se réalise ».

Je voyage presque toujours seule mais en réalité je n’aime pas trop la solitude, je me retrouve souvent avec d’autres voyageurs, avec d’autres pouceux ou même avec des locaux. Je peux rester des jours toute seule mais je le suis rarement pendant des semaines entières.

Kévin B. : Est ce que tu te considères comme une aventurière au même titre que Mike Horn ou d’autres?
Astrid : J’ai un grand respect pour Mike Horn comme pour beaucoup d’autres aventuriers, ce serait très difficile et prétentieux de vouloir atteindre ne serait-ce que sa cheville. J’ai lu ses livres, c’est un grand aventurier. Il a une certaine humilité et j’aime beaucoup ce qu’il fait. Cependant je me considère simplement en tant que moi-même, Astrid, voyageant et voguant au gré de mes envies et de mes rêves.

Kévin B. : Après avoir abordé la question de ton plus beau souvenir j’aimerais également aborder la question de ton pire souvenir, est ce qu’il y a un moment de ta vie de voyageuse ou tu t’es dit qu’il était temps de rentrer et que tu voulais tout arrêter ?
Astrid : Tout arrêter non, c’est ancré en moi désormais. Très simplement il y a eu des mauvais souvenirs mais ils sont tellement infimes comparés à la richesse que les moments de bonheur m’apportent que c’est insignifiant. Quand tu as le temps, quand tu as des mois pour voyager cela ne se vit pas de la même façon, on aborde pas les choses de la même façon. Si on a 2 semaines de vacances en France et que l’on est malade, cloué au lit trois jours on perd déjà un quart de nos vacances, c’est très énervant et frustrant. Quand on a le temps on attend simplement, on attend que le temps passe, on ne se prend pas la tête, on ne vit pas ça de manière vraiment négative, il n’y pas de stress, on attend que le temps passe et on repart quand ça va mieux.

Kévin B. : Le plus grand rêve de beaucoup de gens est de faire le tour du monde, toi qui l’a fait quel est ton plus grand rêve désormais ?
Astrid : Mon plus grand rêve c’est de continuer parce qu’on ne fera jamais vraiment le tour du monde, j’espère pouvoir vivre sur la route tant que j’en ai envie. J’espère conserver ma liberté et continuer le plus longtemps possible à faire ce que je veux quand je veux, c’est une chance, un luxe que je me dois à moi même mais également à mon pays. Je suis née en France et quand je vois la condition des Femmes dans certains pays du monde je me rends vraiment compte de cette chance.

Quand je visite certains pays je suis attristée de cette réalité, de savoir que c’est une expérience pour moi mais que c’est une vie pour Elles. Je peux visiter un pays et trois jours plus tard être libre sur la route mais ces gens là restent et n’ont pas le choix. C’est ce constat qui me blesse et me conforte dans l’idée que sur 7 milliards de gens nous sommes des Élus. Si tu enlèves tous les pays où les gens ne sont pas libres ou n’ont pas le pouvoir d’achat que l’on a, nous sommes vraiment une minorité.

En venant te rejoindre je regardais la jolie ville que nous avons, les belles rues, les maisons à colombages. Je suis heureuse d’être orléanaise parce que c’est ma terre et ça n’a pas de prix.

Kévin B. : Un rituel auquel tu ne te substitue jamais ?
Astrid : Je rentre toujours à Noël voir ma famille, ils me manquent et je leur manque beaucoup quand je pars. La première année où je suis partie j’ai fait croire à mes parents que je ne rentrais pas pour Noël, ils étaient tellement attristés. Mon père m’a même appelé un jour pour me dire que ça lui faisait beaucoup de peine, que même si je n’étais pas là il me mettrait quand même une assiette sur la table pour que je sois un peu avec eux. Il m’a fait culpabiliser au point que j’ai du l’appeler en cachette pour lui dire que je voulais leur faire une surprise et que je rentrais bien les voir. C’est bien la première et dernière fois que je leur ai fait la blague !

Kévin B. : Tu fais des milliers de kilomètres en stop, que l’on assimile souvent au danger, toi comment le vis tu ?
Astrid : Les gens n’ont pas une bonne opinion du stop, ils pensent que c’est dangereux alors que ça ne l’est pas. Bien sûr je ne suis pas naïve et j’ai conscience de pouvoir tomber sur quelqu’un de désagréable ou de malveillant mais ce n’est pas un millième de ce qui se passe en réalité.

Pour tout te dire faire du stop m’a vraiment redonné foi en l’Homme, on a tellement peur des gens que l’on ne connaît pas à notre époque et c’est triste. C’est tellement réducteur parce que ça sous entend que l’Inconnu, forcément, est malveillant alors qu’au contraire la plupart des gens sont des anges-gardiens. Très souvent quand quelqu’un me prend en stop il veut vraiment s’assurer que j’arriverais bien à destination, on me donne même souvent à manger pour la route, les gens me prennent sous leur aile et m’assimilent à quelqu’un qu’ils connaissent vraiment et qu’ils ne veulent pas laisser tomber. Je pense que c’est vraiment grâce à l’autostop que je peux concevoir l’Autre ainsi et c’est vraiment beau.

Merci Astrid et bon voyage en Islande. Kévin B.

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